Voix d'Afrique N°110.

L'Année Spirituelle à Bobo-Dioulasso
au Burkina-Faso

Qui sont ces jeunes qui désirent devenir M.Afr. aujourd'hui ?


Dans la formation des M.Afr., l'Année Spirituelle (appelé aussi noviciat) est un moment clé de la formation. Pour cela un lieu particulier a été choisi: un terrain de 6 hectares à 7 km de la deuxième ville du Burkina Faso : Bobo-Dioulasso. Un lieu qui a été aménagé et reboisé par les différents novices qui y ont séjourné depuis près de 20 ans. Un lieu calme où il est donné aux novices de faire une rupture avec le monde en laissant de côté les moyens modernes de communication. Ici les conditions sont réunies pour rencontrer le Seigneur, reconnaître son amour et l'aimer, afin de discerner sa vocation.

D'où viennent les jeunes en formation ?
Cette année, notre communauté est composée de 19 novices et 4 formateurs. Nous représentons 14 nationalités différentes. Pour les novices c'est la première fois qu'ils vivent avec des personnes provenant d'autant de pays différents. Mais ce n'est pas la tour de Babel : une belle unité se réalise rapidement. Il faut dire que tous ont déjà vécu au moins trois années avec les M.Afr. et ils ont déjà acquis un certain esprit M.Afr. qui permet de se retrouver sur des valeurs communes et un objectif commun.

D'où viennent ces jeunes de 24 à 30 ans qui composent notre communauté ? Certains ont connu la guerre. Leur famille et eux-mêmes en ont souffert, quelques-uns ont été réfugiés dans leur propre pays ou dans un pays voisin. L'un ou l'autre a connu la faim à cause de la sécheresse ou de difficultés économiques. D'autres ont été confiés en bas âge à un oncle ou une tante, et n'ont pas toujours eu une enfance heureuse. Heureusement un bon nombre a pu vivre une enfance heureuse. La plupart viennent de familles catholiques. Pour certains, leur père était catéchiste. De plus en plus de jeunes viennent de familles où les appartenances religieuses sont variées. Des frères ou des súurs font partie d'églises évangéliques de différentes dénominations.


Líintérieur de la chapelle avec les gandouras devant líautel

L'un ou l'autre a un membre de sa famille musulman ou de religion traditionnelle. Occasionnellement le novice a été le premier de la famille à demander le baptême. Leur histoire personnelle les marque profondément et fait partie de leur vocation. Ils se sentent appelés à travailler pour la justice et la paix et à témoigner de leur foi chrétienne. Ces jeunes en formation représentent le monde d'aujourd'hui dans toute sa variété avec ses joies et ses défis.

D'où vient leur appel ?
Il est étonnant de voir comment beaucoup ont ressenti l'appel à la suite du témoignage de nos aînés. Ils ont entendu parler d'eux en découvrant comment leur pays a été évangélisé par les M.Afr., comme en Ouganda avec le Père Lourdel et le Frère Amans qui y sont vénérés comme des Saints. En voyant comment des occidentaux ont eu le courage de prendre le risque de s'aventurer dans l'Afrique profonde il y a plus d'un siècle, ils se disent à leur tour : pourquoi pas moi ? Que serait mon pays si personne n'était venu annoncer l'Evangile ?


La communauté le jour de la prise díhabit

D'autres ont entendu parler des M.Afr. par leur parents qui rappellent ce qu'ils ont vu et entendu dans leur village. Nous sommes reconnaissants envers les confrères M.Afr. dont la forte présence il y a quelques années continue de porter des fruits que nous récoltons au niveau des vocations et dans bien d'autres domaines.

Beaucoup ont senti l'appel très jeunes souvent comme enfants de chúur. D'autres ont senti l'appel en faisant partie d'un mouvement paroissial ou un groupe de prière qui leur a permis d'approfondir leur foi et le sens du prochain.

La vie au noviciat:
La vie à l'Année Spirituelle est rythmée par les temps de prière, les sessions quotidiennes, la lecture spirituelle, la réflexion personnelle. Nous suivons le cheminement des Exercices Spirituels de St Ignace pour aider les novices à découvrir l'appel du Seigneur dans leur vie. Une grande importance est donnée à l'accompagnement spirituel hebdomadaire afin d'aider les novices à bien faire le lien entre leur foi et leur vécu.

Le dimanche, les novices ont l'occasion de faire un peu d' apostolat, de visite : lorsqu'une personne atteinte de la lèpre leur souhaite bon courage ou les bénit, ils en sont émus. Lorsqu'ils visitent le même malade pendant des semaines à l'hôpital, une amitié se développe. Lorsqu'à l'étonnement des infirmiers, une personne affectée par un problème psychologique sort de son mutisme pour les accueillir, ils découvrent que leurs visites ne sont pas inutiles.

Toutes ces rencontres les aident à rester en contact avec la vie quotidienne de ceux qui sont les plus éprouvés, ceux vers qui ils sont envoyés.

Quand un jeune entre pleinement dans la démarche proposée, les formateurs ont alors le privilège de découvrir comment le Seigneur travaille chez un novice, comment le Créateur travaille avec sa créature et c'est une source de joie qui donne sens à notre apostolat. C'est une occasion de rendre grâce et de nous émerveiller. Notre foi en est renouvelée.

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