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Le Commerce en Armes légères
Europe-Afrique
Plan d'Action 2001
Juillet 2001


Conférence de l'ONU sur le Trafic Illicite des Armes Légères

Le 20 juillet, la Conférence de l'ONU sur le Trafic Illicite des Armes Légères, tenue à New York, s'est terminée avec un " Plan d'Action 2001 " obtenue après de longues et difficiles négociations. Ce document servira de base pour des actions internationales en vue de réduire la prolifération et l'abus des armes légères dans le monde. Le progrès sera évalué dans une conférence en 2006. Les ONG ont noté que certaines délégations (la Chine, les pays du Moyen Orient et les Etats Unis) avaient activement travaillé pour minimaliser la portée de ce " Plan d'Action ", limitant sa contribution à la promotion de la sécurité des populations en danger. Les pays africains, le continent le plus affecté par la prolifération des armes légères, et l'Union Européenne, au contraire, ont essayé de tenir un langage plus contraignant.

 

Un premier pas
Le plus grand succès de la Conférence 2001 fut que pour la première fois, le sujet du trafic illicite des armes légères à été mis sur l'agenda politique mondial, forçant les différents pays à prendre publiquement position sur ce sujet. Dès maintenant nous avons un texte politique, internationalement reconnu, qui met en avant les points de convergence et de désaccords qui existent dans la communauté internationale sur ce sujet. Il nous permet de continuer notre lobbying auprès de nos gouvernements tant en Afrique qu'en Europe.

Il y a eu des progrès en plusieurs points clés, entre autre sur l'impact des armes sur le développement, la santé et les questions humanitaires - en particulier la situation des femmes, des enfants et des personnes âgées ; un engagement pour le désarmement et la démobilisation plus effective; le besoin de plus de sécurité pour les armes appartenant aux Etats ; et la destruction des surplus d'armes et des armes illicites. Pourtant tous ces engagements devront se réaliser avec les moyens et ressources existantes !

Certains points importants ont été omis dans le document final - des mesures qui auraient eu un impact réel sur le terrain ! Il n'y a pas d'engagement pour la négociation d'un traité sur le courtage international des armes légères, ni sur le marquage et suivi des armes légères. On regrette aussi qu'il n'y ait aucune mention de la protection des droits humains, ni pour une réglementation concernant la possession d'armes par des civils.

L'Afrique et les Etats Unis
On a remarqué une forte prise de positions de la part des pays africains (positions partagées par beaucoup de pays) contre les positions des Etats Unis. L'attitude intransigeante de la délégation des USA a fait que la conférence n'a pu formuler des résolutions sur la nécessité des contrôles concernant la possession d'armes légères par des civils et le besoin de prévenir pour des livraisons d'armes légères faites à des groupes non-étatiques. Les pays africains, qui avaient jusqu'à la fin de la conférence maintenu des propositions sur ces sujets, ont cédé à la pression afin de permettre à la communauté internationale de progresser ensemble vers quelques premiers pas pour réduire le danger commun qu'est la prolifération des armes légères. Dans un communiqué final, le président de la conférence a remercié les pays africains pour leur sens civique et a déploré l'attitude des Etats Unis.

La contribution des ONGs reconnue
Pendant la conférence, la campagne contre les armes légères menée par les ONG a gagné en crédibilité et ces contributions sur le terrain ont été reconnues. Le secrétaire général, Kofi Anan a loué la participation constructive des groupes de la société civile venus du monde entier à la conférence. Il a demandé aux ONG et groupes de la société civile d'assurer un suivi de la conférence en interpellant leurs gouvernements afin qu'ils consolident les acquis de la conférence et s'engagent à obtenir l'arrêt de la prolifération des armes légères, une augmentation des contrôles sur la possession privée d'armes et sur les transferts d'armes légères aux groupes non-étatiques.

Où en sommes nous aujourd'hui ?
AEFJN remercie tous ceux qui ont participé à nos actions-lettre autour de la Conférence 2001. Beaucoup ont écrit à leurs gouvernements et ambassadeurs auprès de l'ONU. Comme en témoignent les multiples réponses, nos soucis et notre position concernant le trafic en armes légères ont été notés. Il nous faudra maintenant assurer le suivi.

Après 6 mois de travaux préparatoires et la conférence elle-même, le sujet sera suivi en coulisses. Il est de notre devoir maintenant de faire le suivi de nos gouvernements et des politiques nationales sur le commerce en armes légères. Désormais, en plus du Code de Conduite Européen pour le Commerce des Armes, le Plan d'Action 2001 approuvé à la conférence nous donne un instrument pour responsabiliser nos gouvernements.

En octobre prochain, AEFJN participera à un séminaire organisé par RIAL/IANSA pour étudier l'impact du Plan d'Action 2001 sur les politiques de la Communauté Européenne. A l'ordre du jour : une convention, proposée par l'ONG " Fund for Peace ", sur le traçage et le courtage des armes légères, le suivi des Institutions européennes et la collaboration entre les ONG du Sud et du Nord. Ce séminaire sera important pour AEFJN car il déterminera la ligne d'action pour notre propre plan d'action 2002, que nous proposerons à l'Assemblée Générale fin octobre prochain.



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