Voix d'Afrique N°54
Burkina Faso ![]()
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Le Père Jean CAUVIN
Missionnaire d'Afrique. Dans le précédent numéro, le Père Jean Cauvin décrivait la création du Centre de formation "Mater Christi". Nous poursuivons ici son interview sur la vie religieuse en Afrique de l'Ouest
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Père Cauvin, vous êtes responsable
de la formation " Mater Christi ". De quoi s'agit-il ?
La formation Mater Christi a été
conçue au départ - et elle le reste - comme une aide aux congrégations
religieuses pour former des formateurs. Dans le contexte actuel, les congrégations
ne peuvent pas former seules leurs formateurs, et spécialement en Afrique,
la jeunesse de la vie religieuse demande un effort spécial de réflexion
et d'incarnation.
Selon la pratique ancienne et les recommandations de l'Eglise,
la formation dépend de chaque congrégation. Comment vous situez-vous
?
Nous n'intervenons pas dans ce qui
est spécifique à chaque congrégation. Je disais dans un
précédent article (Voix d'Afrique n°53)
que la richesse de l'évangile diversement mis en pratique par les congrégations
était le point de départ de la formation Mater Christ. Il ne s'agit
pas d'entrer en concurrence ou de se comparer, mais de s'entraîner mutuellement.
Pour nous, la question concrète était : quel est le point commun
qui permet de former des personnes de divers horizons spirituels et religieux
? Il fut vite évident que la vie commune devait être la base de
notre formation.
![]() Groupe de stagiaires |
![]() Nous insistons beaucoup sur les aspects qui ne sont pas scolaires |
![]() La chapelle du centre |
Nous disions justement que la vie commune est une richesse existant dans toutes
les congrégations et un témoignage visible de la présence
du Royaume de Dieu : de même que le lion et la biche vivent ensemble (signe
du Royaume dans Isaïe), des personnes très diverses humainement
mènent une vraie vie commune au nom du Christ.
Cela ne pose-t-il pas question dans l'Afrique actuelle ?
C'est un défi lancé
à toutes les congrégations, et à nous aussi. Nous voyons
l'Afrique divisée, déchirée sur le plan humain ; c'est
là justement que la vie consacrée a quelque chose à dire
au nom de Jésus Christ. Si nous n'arrivons pas à vivre ensemble
lors de la formation et aussi plus tard, la vie consacrée n'a rien à
apporter à l'Afrique. C'est à partir de cette zone sensible de
la vie ensemble que nous pouvons relire si nous sommes fidèles à
l'esprit de l'Evangile : pauvreté, chasteté, obéissance,
don de soi, relation au Père.
Cette relecture est possible si l'équipe animatrice (de 4 à 6
membres) sait aider les personnes et les équipes de vie dans leur cheminement.
Pour cela, nous insistons beaucoup sur des aspects qui ne sont pas " scolaires
" ou apprenables par des livres ou par des cours : accompagnement spirituel,
liturgie, délicatesse fraternelle, vie d'équipe, récollection
et retraite etc
Se donner pleinement à cette vie commune et à
sa relecture est un excellent moyen de formation pour les formateurs qui se
trouveront plus tard dans des situations semblables dans leurs noviciats.
En effet, le formateur est quelqu'un qui vit une bonne relation au Christ, dans
le cadre de sa congrégation. Notre stage veut l'aider à renouveler
cette vie personnelle. Mais le formateur est aussi capable de transmettre à
un jeune frère, à une jeunes sur, ce qu'il vit en profondeur.
Tous nos stages sont organisés dans ce but.
![]() Jean Cauvin et l'équipe d'animation reçoivent Mgr Anselme Sanon, évêque de Bobo-Dioulasso |
Vous avez animé 6 stages ; à combien de personnes ?
Ces stages ont touché 171 responsables
de noviciats. Et nous allons continuer d'une manière plus systématique
: au lieu de chercher continuellement des centres disponibles, nous venons d'en
construire un, spécialement conçu pour le genre de vie que nous
voulons mener ; désormais, les stages dureront neuf mois.
Mais nous touchons beaucoup plus de religieux et de religieuses
: sans doute 3000 depuis notre début. Pour prolonger la formation au
noviciat, nous avons été amenés à créer des
cycles de sessions plus courtes ; pour les jeunes religieux et religieuses,
pour leurs responsables et les responsables de communauté. Nous venons
de mettre en place un cycle de formation continue pour tous, et nous allons
lancer une formation à l'accompagnement.
Tout cela est possible grâce à notre centre qui commence à
Bobo-Dioulasso (Burkina-Faso), mais aussi grâce à l'activité
des équipes nationales. En effet, dans chaque pays, nous avons des équipes-relais
qui assurent les formations brèves (une semaine) pour les jeunes religieux,
pour les responsables etc
Notre rôle est aussi de soutenir et de
former ces formateurs nationaux.
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C'est donc toute une organisation ?
Oui ! Au commencement, les supérieurs nous ont confié
cette mission avec la recommandation d'être léger, de voir quels
étaient les besoins et nos capacités et d'y répondre avec
les forces présentes en Afrique de l'Ouest ; peu à peu, nous nous
sommes étoffés, nous avons répondu aux demandes.
Cela a été possible grâce à la collaboration de tous
: pour les finances, pour le personnel, mais aussi pour les échanges
d'idées, l'amitié et la confiance que nous avons appris à
partager. Mater Christi forme, par-delà les congrégations, une
grande famille à laquelle tous sont heureux d'appartenir.
Mais derrière tout cela, il y avait quelqu'un qui voulait que ce Centre
et cette formation progressent : Marie, Mère du Christ, " Mater
Christi ", elle qui a formé le premier novice chrétien, Jésus.
Qu'elle nous aide à former aussi bien qu'elle les novices qui nous sont
confiés.
Père Jean Cauvin,
Missionnaire d'Afrique
Une adresse Courriel de Jean Cauvin pour lui écrire : mater.christi@fasonet.bf
Ou bien Courriel de Voix d'Afrique

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