Guy Vuillemin,
Missionnaire d'Afrique
Président de l'Antenne de France du Réseau
Foi - Justice Afrique - Europe
Août 2006
Migrations, Souveraineté alimentaire et Accords de Partenariat économique.
Nous avons tous en mémoire le drame aux frontières des enclaves espagnoles au Maroc, mais aussi ce qui est en train de se passer entre Nouadhibou et les Iles Canaries ou entre la Libye et l'île italienne de Lampedusa. De nombreux Africains, des hommes mais aussi des femmes et même des adolescents ou des enfants, viennent chercher en ces lieux, au mépris de leur vie parfois, et par tous les moyens, une voie d'accès vers l'Europe.
Nous ne pouvons pas rester indifférents, quand nous voyons l'Afrique se vider en quelque sorte de ses forces vives. Nous devons chercher à comprendre pourquoi ces personnes se mettent ainsi en marche vers " la terre promise " que l'Europe représente à leurs yeux. Leur marche ressemble à un grand cri de détresse qu'ils nous adressent. Pour beaucoup l'émigration n'est pas " choisie ", mais se présente comme la dernière solution pour tenter de sortir d'un engrenage de la misère.
Nos programmes de télévision, diffusés largement sur le continent africain, ne laissent-ils pas entrevoir aux yeux de beaucoup que, de fait, l'Europe est un continent où " coulent le lait et le miel ", un continent où la richesse est surabondante ? Il est vrai aussi que l'argent, qu'envoient régulièrement à leur village ou à leur famille ceux qui ont réussi à arriver en Europe et à y trouver un travail, invite à croire que la fortune est accessible. Nous savons tous que, pour beaucoup d'Africains, la vie ressemble davantage à un cauchemar sans fin dont on ne se réveille pas.
Pour le moment, la réponse européenne, et française en particulier, consiste en un renforcement des lois régulant la migration, une mesure de protection pour ne pas " subir " ce flux de migrants qui finissent par entrer illégalement sur notre territoire, et en des aides aux pays par lesquels ils transitent afin que ces pays les contrôlent, les refoulent, ou, en clair, nous déchargent de la sale besogne de les repousser.
Pourquoi cette hémorragie africaine ?
Comme l'attestent les témoignages des refoulés de Ceuta et Melilla, ou des rescapés des îles Canaries ou de Lampedusa, la plupart de ceux qui se sont mis en marche sont des ruraux. Mais certains aussi, assez nombreux, sont des diplômés au chômage, désespérés d'avoir dû survivre longtemps sans emploi, ou des artisans ou des boutiquiers qui se trouvent depuis longtemps au bord de la banqueroute. Certains ne sont pas partis d'eux-mêmes ; ils sont envoyés par leur famille ou leur village qui se sont cotisés pour leur fournir le nécessaire pour payer leurs passages aux différentes frontières ou à travers la mer. Parmi eux se trouvent aussi des personnes qui ont rassemblé quelques biens pour les vendre afin d'avoir la somme nécessaire. Certains ont quitté leur village depuis déjà quelque temps pour aller grossir le nombre de ceux et celles qui rêvent d'un travail rémunérateur dans les villes, mais ils ont du se contenter de survivre au jour le jour en vivant d'expédients. Tous ont en commun le sentiment de n'avoir rien à perdre, même pas la vie, mais, éventuellement, de tout gagner s'ils parviennent en terre européenne.
Rêve de départ ou candidat à lexil
Pentecôte sur le monde. Michel RobertIl est un fait que les villes africaines voient leur population s'accroître assez rapidement. Mamadou Cissoko, président d'honneur du ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs de l'Afrique de l'Ouest) déclare : " Quand vous lisez les chiffres du Burkina, on parle de 80 % de ruraux. Ces chiffres sont dépassés aujourd'hui avec l'exode rural. Et les villes, ce n'est pas Bobo et Ouagadougou seulement. Regardez le rôle d'aspirateur de jeunes ruraux de toutes les villes moyennes. Si dans le milieu rural, il n'y a pas de travail qui puisse retenir nos jeunes, nos villages vont disparaître. " (1)
Même s'il est vrai que certains de ces ruraux quittent leur village par goût de l'aventure et par désir de découvrir le monde urbain, la plupart le quittent parce qu'ils ont les mêmes aspirations que les jeunes européens à l'emploi et à un revenu décent pour bâtir une famille et la faire vivre. Ils réclament aussi les mêmes droits à l'emploi, à la santé, à l'éducation, à une vie digne. Et cela l'agriculture familiale paysanne ne peut pratiquement plus leur offrir.Comment en est-on arrivé à cette situation dans les villages ?
C'est un fait que les villes africaines voient leur population s'accroître assez rapidement. Mamadou Cissoko, président d'honneur du ROPPA (Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs de l'Afrique de l'Ouest) déclare : " Quand vous lisez les chiffres du Burkina, on parle de 80 % de ruraux. Ces chiffres sont dépassés aujourd'hui avec l'exode rural. Et les villes, ce n'est pas Bobo et Ouagadougou seulement. Regardez le rôle d'aspirateur de jeunes ruraux de toutes les villes moyennes. Si dans le milieu rural, il n'y a pas de travail qui puisse retenir nos jeunes, nos villages vont disparaître. " (1)
Même s'il est vrai que certains de ces ruraux quittent leur village par goût de l'aventure et par désir de découvrir le monde urbain, la plupart le quittent parce qu'ils ont les mêmes aspirations que les jeunes européens à l'emploi et à un revenu décent pour bâtir une famille et la faire vivre. Ils réclament aussi les mêmes droits à l'emploi, à la santé, à l'éducation, à une vie digne. Et cela l'agriculture familiale paysanne ne peut pratiquement plus leur offrir.
Des paysans privés de débouchés et des Etats privés de ressources.
Les instances internationales et les théoriciens du libéralisme radical pensent que la suppression de toutes les entraves au libre échange des produits agricoles devrait réduire la pauvreté, vaincre la faim et permettre aux pays en voie de développement, producteurs de matières premières agricoles, d'accroître leurs exportations. Leurs bénéfices pourraient être réinvestis dans d'autres secteurs économiques ou permettre d'acheter d'autres aliments pour les besoins de leur population. Parmi les pratiques qui faussent le libre jeu de la concurrence, la régulation des prix des produits agricoles, contrôlée par des organismes mis en place par les pays africains, fut la première à être supprimée. En conséquence les prix de ces produits se trouvent maintenant soumis directement aux fluctuations de ceux du marché mondial.
Mais cette libéralisation des échanges n'a pas réduit la pauvreté et vaincu la faim. Bien au contraire, entre 1995 et 2001, le nombre des personnes sous-alimentées a augmenté de 18 millions alors même que la production agricole mondiale continue de croître à un rythme voisin de celui de la population. Et parmi ceux qui souffrent de la faim, 80 % sont des paysans qui ne retirent plus de leur activité les revenus nécessaires pour assurer leur survie. L'encouragement à développer des produits pour l'exportation a conduit les pays producteurs à intensifier leur production. Cela a entraîné une augmentation des volumes mis sur le marché mondial. Et comme la demande n'a pas suivi, les prix se sont effondrés. Dans son rapport de 2004, la FAO estime que les prix réels de ces produits a diminué de 2 % par an depuis quarante ans. Ainsi, entre 1961 et 2001, les prix moyens des produits agricoles ont chuté de près de 70 % par rapport aux prix des produits manufacturés achetés aux pays développés.Les exploitations agricoles paysannes sont aussi en train de perdre leurs débouchés sur le marché intérieur de leur pays. Les Etats-Unis et l'Union européenne n'hésitent pas, pour écouler leur surproduction, à subventionner leurs exportations à des prix inférieurs à ceux de la production locale. De nombreux pays du Sud réclament fortement la suppression de ces subventions. Mais il faut aussi reconnaître que la bataille entre les producteurs du Nord et ceux du Sud ressemble à celle du pot de fer contre le pot de terre. Les pays du Sud pratiquent, pour la plupart, une agriculture manuelle et produisent environ 10 quintaux par habitant et par an, alors que les pays du Nord, qui ont développé une agriculture fortement mécanisée, atteignent les 100.000 quintaux, soit un différentiel de 1 à 1.000.
De plus, aujourd'hui les marchés africains ne sont plus seulement en concurrence inégale avec les pays du Nord. Les produits agricoles des pays émergents du Sud viennent aussi remplir les boutiques des villes à des prix plus bas que les produits locaux, comme les brisures de riz thaïlandais ou les bas morceaux de poulet brésilien.
Ainsi donc, même s'il est vrai que des produits alimentaires à bas prix pour les populations sans véritables ressources, qui survivent au jour le jour dans les villes africaines, sont une aubaine pour elles, cela n'est pas sans conséquences. A plus ou moins long terme les habitudes alimentaires changent. Certains produits congelés importés, pour lesquels la chaîne du froid a été brisée, peuvent être dangereux pour la santé. Mais plus grave encore, cela fait baisser la production locale qui ne trouve plus d'acheteurs et finit par tuer les exploitations agricoles paysannes et familiales. Cela contribue ainsi à augmenter, d'abord, l'exode rural vers les villes et, ensuite, vers Ceuta et Melilla, Lampedusa et Nouadhibou.
Cette volonté de libéraliser totalement le commerce, et donc de supprimer pratiquement toutes les taxes douanières, a aussi des conséquences désastreuses pour les Etats eux-mêmes. Presque la totalité des Etats africains, qui font partie des pays les moins avancés, tirent la plus grande part de leurs ressources financières des taxes douanières sur les produits importés. Si ces taxes sont supprimées, ces Etats se trouveront assez rapidement sans ressources et ne pourront plus du tout assurer les services essentiels pour le mieux-être de leur population : santé, éducation, voire même administration, entretien des infrastructures, même s'il est vrai que beaucoup touchent des aides pour le faire. Mais ces aides sont soumises à condition et ce problème d'aide fait toucher du doigt le problème plus grave du poids énorme de la dette sur le budget de ces Etats.
Cet appauvrissement programmé des ruraux n'est pas une fatalité.
Il est vrai que la solution de l'exode rural ou de l'émigration que choisissent beaucoup d'Africains aujourd'hui n'est pas la bonne. Nous connaissons tous les drames qu'elle engendre : le nombre relativement élevé de ceux qui n'arrivent jamais en Europe, parce qu'ils se noient en mer, meurent dans le désert, ou sous les balles des polices des frontières. En se mettant en route, ils tombent souvent entre les mains de filières de passeurs sans scrupules qui n'hésitent pas à profiter de leur rêve et de leur volonté d'aller plus loin. Il convient de tout faire pour démanteler ces filières et punir sévèrement ces passeurs. Faut-il vraiment risquer sa vie de cette manière pour s'efforcer de trouver une vie meilleure pour soi et sa famille ?
Et pour ceux qui parviennent tout de même sur le continent européen, les conditions de vie sont dures et la course d'obstacles n'est pas finie. Il n'est pas facile de passer la barrière linguistique, culturelle, de se faire au mode de vie européen, de franchir tous les arcanes de l'administration et des lois du travail. Souvent il faut accepter un travail précaire, un travail " au noir " aux conditions fixées par l'employeur, trouver un logement. Et ne parlons pas du fait de vivre loin des siens, loin de sa femme et de ses enfants, pour ceux qui sont mariés et qui les ont laissés au pays, et dans l'impossibilité de se marier pour ceux qui sont célibataires. Il faut aussi s'habituer au climat, mais aussi au manque de relations avec les voisins, quand ce n'est pas au mépris raciste Très vite beaucoup découvrent que la vie en Europe n'est pas un long fleuve tranquille Après le temps des espoirs, des efforts et des épreuves endurées, vient le temps des désillusions et, pour ceux qui n'arrivent pas vraiment à s'intégrer, le temps du désespoir.Les responsables politiques des pays européens, réunis au Maroc en juillet, préconisent un renforcement de l'aide au développement. Certains pratiquent déjà des politiques d'aide au retour pour inciter des immigrés à retourner chez eux. Soit ! Cela est important, et il est vrai que l'aide publique au développement doit continuer. Il est nécessaire de continuer à soutenir les pays africains à boucler leur budget pour qu'ils puissent payer ceux qui assurent les services publics de base, développer les infrastructures pour permettre les désenclavements nationaux ou régionaux, et poser les bases d'un développement économique. Et pour cela il convient que les pays riches tiennent la promesse qu'ils ont faite, comme un des objectifs du millénaire, de verser 0, 7 % de leur Produit National Brut à l'aide au développement. Or, aujourd'hui, seuls la Norvège, le Luxembourg, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas ont tenu cette promesse et versent déjà plus de 0, 70 % de leur PNB. La France n'en est encore qu'à 0, 42 %, les Etats-Unis à 0, 16 % et l'Italie à 0, 15 %. Il convient de signaler que le prix du transport des immigrants illégaux renvoyés dans leur pays, par vols en charter ou par compagnies aériennes, est compris dans l'aide publique française au développement.
Mais cela ne suffit pas. A quoi cela sert-il d'aider si on ne permet pas à ces pays de prendre les moyens pour commencer enfin à se prendre en charge eux-mêmes, et, pire, si, par ailleurs, on continue à pratiquer des politiques commerciales qui, d'une façon ou d'une autre, détruisent ce que cette aide pourrait apporter ? Toute politique d'aide, si elle veut être efficace, doit s'accompagner d'une réelle volonté politique de décharger les pays les plus pauvres du poids de la dette qui pèse lourdement sur leur budget, et surtout d'un engagement à modifier les règles du commerce mondial, c'est-à-dire à entreprendre une réforme profonde de l'OMC.Il est urgent que les droits économiques, sociaux et culturels des pays les moins avancés soient pris en compte effectivement, qu'ils ne soient pas mis de côté pour laisser la priorité aux droits commerciaux et aux règles du libéralisme économique qui prévalent dans le contexte actuel de la mondialisation. Il est temps de prendre la mesure des dégâts humains causés par ce système économique, aussi bien en Afrique qu'ici.
Campagne pour la souveraineté alimentaire et pour le refus des Accords de Partenariat économique avec les pays d'Afrique - Caraïbes et Pacifique tels que les propose l'Union Européenne.
Avec de nombreuses associations et organisations non-gouvernementales de solidarité internationale, notre réseau Foi-Justice Afrique-Europe plaide pour une régulation des échanges agricoles. Nous demandons : - de faire primer les droits de l'homme sur les règles du commerce ; - de reconnaître le principe de la souveraineté alimentaire ; - de reconnaître le droit des pays à mettre en uvre leurs propres politiques de développement ; - d'assainir et de réguler les marchés agricoles mondiaux ; - de reconnaître la valeur sociale et environnementale des produits ; - de contribuer au rééquilibrage des rapports de force au sein des filières agroalimentaires.
Qu'est-ce que la souveraineté alimentaire ?
1. Priorité à la production locale pour nourrir la population.
2. Accès des paysans à la terre, à l'eau, aux semences et au crédit.
3. Droit des paysans à produire des aliments.
4. Droit des consommateurs à pouvoir décider ce qu'ils veulent consommer et de choisir qui le produit et comment.
5. Droit des Etats à se protéger des importations agricoles et alimentaires qui cassent les prix de la production locale et donc de les taxer.
6. Engagement des Etats ou des Unions pour une production paysanne durale et donc à maîtriser la production sur le marché intérieur.
7. Participation des populations paysannes aux choix de politique agricole.
8. Reconnaissance des droits des paysannes, actrices importantes dans la production agricole et l'alimentation.
.
Voilà dans quel contexte se situent les campagnes d'année que nous entendons mener. Nous plaidons pour que soit reconnu le principe de la Souveraineté Alimentaire avec tous les éléments mentionnés ci-dessus.
Nous plaidons aussi pour que ne soient pas signés les Accords de Partenariat Economique (APE) tels que l'Union Européenne voudrait les imposer aux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
1 - De quoi s'agit-il ?
° En 1975, une première convention avait été signée à Lomé entre 46 pays ACP et 9 pays de la Communauté Européenne. Cette convention comportait : - un volet d'aide (le Fonds Européen de Développement FED), - un volet commercial, basé sur des préférences commerciales non réciproques, donnant un accès préférentiel aux produits de ces pays sur le marché européen, - un protocole spécial pour 4 produits.
° Le bilan de cette convention est mitigé. La part de marché des produits des pays ACP sur le marché européen est passée de 7 % à 3 %.
° Cet accord de partenariat économique est jugé non compatible avec les règles de l'OMC, et donc cet accès préférentiel a été remis en cause via l'accord de Cotonou, signé en juin 2000 avec les pays ACP. Cet accord de Cotonou prévoit la fin de ce traitement spécial au 31 décembre 2007, et son remplacement à partir du 1er janvier 2008 par des Accords de Partenariat Economique (APE), non obligatoires.
° Conclus entre l'Union Européenne et chacune des six régions ACP, ces accords comportent 3 volets : - intégration régionale des ACP, - zone de libre-échange asymétrique (ouverture totale du côté de l'UE et un peu moindre du côté ACP) entre l'UE et des marchés communs ACP, - et aide au développement.
° Le ou les pays ACP qui ne voudraient pas conclure un APE tomberaient alors sous le régime commercial général de l'UE vis-à-vis des pays en développement : accès libre pour les pays les moins avancés (dans le cadre de l'initiative " Tout sauf les armes "), et système de préférences généralisées pour les autres (moins intéressant que le régime ACP actuel). Mais l'aide pourrait être plus conditionnée.
2 - Pourquoi nous réagissons.
° Contrairement aux traités précédents entre l'UE et les pays ACP, les APE ne seront pas signés entre l'UE et ces pays dans leur ensemble, mais divisés en 6 zones : une pour les Caraïbes, une pour le Pacifique et quatre pour l'Afrique : la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), qui regroupe 16 pays ; la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale), qui regroupe 7 pays ; l'ESA (Eastern and Southern Africa), qui regroupe 15 ou 16 pays (L'Afrique du Sud y est seulement comme observateur) ; la SADC (Southern African Development Community), qui regroupe 7 pays.
° Certains pays d'Afrique questionnent cette division à cause de leur rattachement arbitraire par l'UE à des zones avec lesquelles ils n'ont pas ou n'ont que peu de liens, comme la Tanzanie, la République Démocratique du Congo et le Zimbabwe.
° Les ministres du Commerce de l'Union Africaine, réunis au Caire, du 5 au 9 juin 2005, ont souligné que les pays ACP et chaque région doivent avoir le droit de prendre leurs décisions propres relatives aux facteurs temps, rythme, régulation et ouverture de marché en lien avec le développement national des différents pays et leurs stratégies particulières de lutte contre la pauvreté.
° L'intégration régionale des zones définies en Afrique, comme la CEDEAO, est encore très fragiles. Certaines ne sont pas encore arrivées à une monnaie commune. La libre circulation des personnes et des biens dans ces zones est encore loin d'être effective.
3 - Notre plaidoyer :
- Pas d'APE sans souveraineté alimentaire !
- Pas d'APE sans une politique réelle d'intégration régionale qui profite à tous, y compris aux pays enclavés !
- Pas d'APE sans un réel programme d'industrialisation, notamment avec un programme fort de transformation des produits agricoles !
Conclusion.
Je suis bien conscient d'avoir été un peu long, d'avoir peut-être compliqué alors que je voulais au contraire simplifier. Tous les problèmes touchés sont complexes. Mais il me semble qu'il nous faut élargir notre regard et notre réflexion et chercher à relier ensemble tous les éléments. Nous pouvons être touchés par le drame des migrants et chercher à y réagir. Nous pouvons être très sensibles à la pauvreté et promouvoir des projets de développement. Nous pouvons être très indignés par l'injustice du système économique mondial et nous engager pour la dénoncer et nous battre pour établir la justice.Il me semble qu'aujourd'hui, c'est sur tous ces fronts que nous devons nous battre, à temps et à contretemps, et souvent à contre-courant de l'opinion publique générale. Légiférer pour contrôler les flux migratoires, même si cela peut être nécessaire et représente déjà quelque chose, mais sans agir sur les causes de la migration, me semble hypocrite. Promettre de l'aide au développement et même uvrer au développement, sans prendre conscience des causes structurelles mondiales de la pauvreté et de l'exclusion, c'est vain et c'est donner de fausses espérances.
Il est nécessaire d'agir à ces deux niveaux, mais l'action prioritaire, me semble-t-il, est de plaider pour l'abandon de l'idéologie du libéralisme économique et de la priorité des droits économiques sur tous les autres, et donc de plaider pour une réforme profonde des Organisations de l'ONU, de l'OMC en particulier. Il est temps de remettre l'homme et ses droits au centre et au cur de la mondialisation.
L'année 2007, en France, sera une année d'élections ; le Centre de Recherche et d'Information pour le Développement (CRID) et la Coordination SUD (Solidarité Urgence Développement) ont déjà préparé des fiches de réflexions avec des propositions concrètes à présenter aux candidats et aux partis politiques. Prenons le temps de réfléchir à ces questions internationales et d'interroger ceux qui se présentent pour diriger notre pays.
Guy Vuillemin,
Missionnaire d'Afrique
Président de l'Antenne de France du Réseau
Foi - Justice Afrique - EuropeNotes :
1 abc Burkina n° 186.
Je me suis beaucoup servi du document de Coordination SUD, Libéralisation du commerce agricole : une solution contre la pauvreté ?.Pour en savoir plus, consulter :
- le dossier Agriculture : pour une régulation du commerce mondial (Mettre le développement au cur des négociations de l'Accord sur l'Agriculture à l'OMC, préparé par " Coordination SUD (Solidarité Urgence Développement) ", 14 passage Dubail, 75010 Paris.
- le document mentionné ci-dessus.
- le dossier d'Altermondes : Ensemble, Réinventer le développement préparé par le CRID (Centre de Recherche et d'Information pour le Développement) et le CNCD (Centre National de Coopération au Développement) (Belgique). Altermondes est une revue trimestrielle de solidarité internationale, 14, passage Dubail, 75010 Paris. Le dossier se trouve dans le n° 6, juin-août 2006.
- à propos des migrants : consulter les articles de Lucien Heitz, parus dans Pentecôte sur le monde, n° 828, juillet-août 2006.
Guy Vuillemin,
Missionary of Africa,
Chairman of the French section of
the "Africa - Europe Faith and Justice Network
August 2006
Migration, Food Sovereignty and Economic Partnership Agreements.
The drama on the frontier of the Spanish enclaves in Morocco is still fresh in all our minds and so too is what is now going on between Nouadhibou and the Canary Isles and between Libya and Lampedusa. Many African men, but also women and even adolescents and children come to these places, to find a way, any way, to get to Europe: sometimes even risking their lives.
We cannot remain indifferent as we see Africa emptying of her most active citizens. We must try to understand why these people set out towards what seems to them to be the promised land of Europe. Their migration is like a cry of distress directed towards us. For many, emigration is not so much a choice as the last chance to escape a spiral of misery.
Don't our television programmes, widely broadcasted on the continent of Africa, allow many to glimpse how Europe is, in fact, a land of milk and honey, a continent of superabundant wealth? It is also true that the remittances regularly sent home to villages and families by those who have managed to get into Europe and find work lead people to believe that such good fortune is accessible. We all know that, for many Africans, life most resembles a never-ending nightmare.
For the moment, the response of Europe, and France in particular, has been to reinforce the laws regulating immigration to protect against "suffering" this influx of migrants who end up entering our territories illegally and assisting those countries of transit so that these countries control and send back these migrants and, in fact, relieve us of the dirty business of pushing them back ourselves.
Why the African haemorrhage?
Statements made by those turned back from Ceuta and Melilla and by survivors in the Canaries and on Lampedusa attest that the majority of those who migrate are from the countryside. There are also some, quite numerous, who are unemployed graduates, desperate from surviving for long without work, or craftsmen or shopkeepers who have found themselves forever close to bankruptcy. Some do not set out of their own volition but are sent by their families or villages who club together to provide what is necessary to cross frontiers and sea. Some of these sold off most of their earthly goods to pay for the journey. Others had left their villages some time ago, swelling the number who dream of work in town but who have to put up with living by their wits from day to day. All have in common the sentiment that they have nothing to lose and everything to gain if they should reach European soil.
The dream of leaving or candidates for exile
'Pentecôte sur le monde'. [Pentecost the world over] Michel Robert
It is a fact that the population of African urban areas is increasing fairly rapidly. Mamadou Cissoko, honorary president of the Network of Associations of Farmers and Agricultural Producers of West Africa (ROPPA) declares: "When you read the statistics for Burkina Faso, it is said that 80% of the population lives in rural areas. The rural exodus has already rendered these statistics out of date. And urban areas do not just include Bobo and Ouagadougou. Look how all the medium sized towns act as vacuums, drawing in the young people from rural areas. If there is no work for our young people in the rural areas, our villages are going to disappear"(1)
Even if some of them quit their villages in search of adventure or because of a desire to discover the urban world, most leave because they have the same aspirations as young Europeans for employment and an sufficient income to establish and build a family. They also wish for the same rights to employment, health, education and a life of dignity. And that is something that peasant agriculture in the family can no longer offer.
What has bought about this situation in the villages?
The intensification of the migratory flux is not due to chance. Nor is it simply the fault of a Black Africa that is seen as poor, corrupt, violent or dominated by dictators. It is also a consequence, perhaps predominantly so, of the violence of the prevailing neo-liberal economic order. African countries are crushed under the steamroller of the Structural Adjustment Programmes imposed by the World Bank and the International Monetary Fund.
In the years that followed independence, many African states needed to form the administrators necessary to run their countries. Because of this, all the students - still a minority - who obtained diplomas were sure of employment in the state administration as teachers, medics, agricultural officers, engineers of road and bridge or simply as office staff. Yet as the years went by, these young graduates became more numerous. Above all, in order that these countries might continue receiving aid from international organizations, the World Bank and the International Monetary Fund imposed the streamlining of public sector; a reduction, or at least no increase, in the number of civil servants, whilst advocating that it was necessary to develop the private sector, to pass from a system where the state controls and regulates to a system of free enterprise and competition which, they claimed, would produce jobs. However, this job creation was and still is very weak.
It is also common these days in African towns and villages to meet, among those who live by the casual trades of the informal sector, young graduates who are without the jobs that would correspond to their qualifications. States such as Mali now hardly recruit any teachers, nurses, doctors, engineers or technicians, even if the need for them is very great in the sectors of education, health and rural development (etc). The task of recruiting, and paying the wages of the teachers, nurses, and technicians is left to the local or regional administrations, to the villages and districts which rely on the financial participation of every person to run Community Health Centres and Community Schools. It itself, this sounds good, because it should give villagers the right to supervise those who nurse them, teach their children or help them improve their agricultural methods and thus should encourage better professional standards. It is necessary, though, for the villagers to have the means to make their contribution to the salaries.
Some progress has been achieved in peasant agriculture (a term used to distinguish it from industrial type agri-business). New techniques are increasingly employed to preserve the soil from the violence of the first rains, to use compost that they have made themselves, to put aside reserves to feed the cattle during the dry season and to develop small scale livestock cultivation. Governments have developed certain zones for a more intense cultivation of rice, sugar cane, bananas, cocoa, coffee or cotton, etc. Governments put in place mechanisms that assured price regulation, which gave the farmers a fixed income. Peasant agriculture, if well managed and protected, has shown that it is producing more and providing incomes that permit a modest but decent life.
But today the situation of agriculture based on family or peasant plots, which makes up the majority of African farms, has changed greatly.
African Farmers Denied a Market: African States Denied Resources.
The international organizations and the theoreticians of radical liberalism are of the opinion that the suppression of all restrictions to free trade in agricultural products ought to reduce poverty, put an end to famine and enable developing countries, producers of unprocessed agricultural products on a large scale, to increase their exports. The profits could then be invested in other sectors of the economy or allow the purchase of other foods for the needs of the population. Among the practices that skewed the competition of the free market were the organs of African states that regulated the prices of agricultural products and so these were the first to be abolished. Consequently the prices of these products were directly subject to the fluctuations of the global market.
This trade liberalization, however, has not reduced poverty or eliminated famine. On the contrary, between 1995 and 2001, the number of persons who are malnourished increased by eighteen million whilst world agriculture has continued to grow at the same rate as the population. And of those who suffer from hunger, 80% are peasants who no longer gain from their activities incomes that will guarantee their survival. The encouragement to develop exportable products has lead producing countries to intensify their production. That has lead to an increase of volume on the world market. As demand has not increased accordingly, prices have collapsed. In its report of 2004, the FAO estimates that the real prices of these products have gone down by two per cent every year for the last forty years. Thus it is that between 1951 and 2001, the average prices of all agricultural products have fallen by seventy per cent in comparison to the prices of the industrial products imported from developed countries.
Peasant farmers are also losing their outlets in the markets in their own countries. The United States and the European Union do not hesitate to subsidize their exports at prices lower than the local cost of production, in order to sell off their overproduction. Many countries of the South strongly demand the abolition of these subsidies. We have to recognise that to compare agriculture in Africa and in the South is not easy; it is like comparing a clay and an iron pot. Countries of the South, mostly practicing manual agriculture, produce about 10 kilograms per inhabitant per year, whereas the countries of the North, which have developed a highly mechanized agriculture, yield 100,000 kilograms, a differential of 1 to 1,000.
Moreover, African markets are now not only in an unequal competition with the countries of the North. Agricultural products from the emerging economies of the South (such as Thai rice fragments and inferior cuts of Brazilian chicken) are also filling town shops at prices below those of local products.
Thus, even if low cost foodstuffs are a boon for a population without great resources, who survive from one day to the next in African towns, this is not without its consequences. In the longer term, eating habits will be changed. Some imported frozen products can be dangerous if the low temperature is interrupted. More seriously, it depresses local production for which there is no longer customers and ends up by killing off peasant agriculture on farms. This contributes, first, to the rural exodus towards the towns and then towards Ceuta and Melilla, Lampedusa and Nouadhibou.
The willingness to totally liberalize commerce and therefore to abolish almost all customs duties also has disastrous consequences for the states themselves. Almost all African countries, which form part of the least developed countries, obtain the largest part of their national incomes from customs duties on imported goods. If these custom duties on imported goods are abolished, most states quickly find themselves to be practically bankrupt, without the financial means so badly needed to maintain the public services essential for the good of the population: health, education, even the day-to-day running of the administration and the maintenance of the infrastructure, even if most obtain aid to keep them going. Such aid is subject to conditions and brings us to the more serious problem: the huge weight of debt on the budgets of these states.
This organised impoverishment of rural areas is not inevitable.
It is true that the solution chosen by many Africans these days, the rural exodus or emigration, is not good. We all know the dramas these solutions produce; the relatively high number who never arrive in Europe because they drown at sea, die in the desert or are shot by frontier police. In setting out, they often fall into the hands of people smugglers without scruples who do not hesitate to profit from their dreams and their desire to go further. Everything must be done to dismantle these networks and punish severely these smugglers. Is it really necessary to risk one's life in this way to manage to find a better life for oneself and one's family?
And for those who manage in spite of everything to arrive on the European continent, the living conditions are hard and the obstacle course never ends. It is not easy to pass through the language and culture barriers. , to adapt to the European way of life, to cross all the arcane frontiers of administration and labour laws. Often it is necessary, in order to find somewhere to live, to accept precarious work, a job in the 'informal sector' where the conditions are set by the employer. Not to mention the fact of living far from loved ones, far from wife and children for those who are married and have left them at home and the impossibility of getting married for those without. They must get used to the climate and also the lack of contact with the neighbours even when they are not racists. Very fast they discover that life in Europe is not a long tranquil river. After a time of hope, effort and enduring obstacles, a time of disillusion sets in and those who never succeed to truly integrate, a time of despair.
The European politicians responsible for migration, meeting in Morocco in July, recommended an increase in development aid. Some already have the policy of helping with repatriations in order to encourage immigrants to go home. It may be that this is significant and it is true that public aid for development should continue. It is necessary to help African governments to balance their budgets so that those who provide basic services can be paid, the infrastructure developed to overcome the remoteness of some region or nation and to build the foundations of economic development. For this, the rich countries should honour the promises that have been made, such as one of the millennium goals, to use 0.7% of their gross national product for development aid. However, today, only Norway, Luxembourg, Denmark, Sweden and the Netherlands have fulfilled this promise and already give more than 0.7% of their GNP. France is only at 0.42%, the United States 0.16% and Italy 0.15%. It should be noted that the cost in charter or other flights of returning illegal immigrants to their homelands is counted as part of the French development aid budget.
This is not enough. What good is aid if these countries are not allowed the means to look after themselves, and worse, if commercial policies are continued which, one way or another, destroy all that such aid could contribute. Any aid policy, to be effective, must be accompanied by a real political will to relieve the poorest countries of the burden of debt that weighs so heavily on their budgets. Most of all there is a need to agree to modify the rules of world trade, which means to undertake a profound reform of the World Trade Organization.
The economic, social and cultural rights of the least developed countries need to be taken into account effectively and urgently, rather than being left aside and the priority given to commercial rights and to the rules of liberal economics which currently prevail in the context of globalization. It is time to count the human cost caused by this economic system, in Africa and also in Europe.
The Campaign for Food Sovereignty and Against the Economic Partnership Agreements with Africa, the Caribbean and Oceania As Proposed by the European Union.
Along with many associations and non-governmental organizations working for international solidarity, our Europe-Africa Faith and Justice Network is pleading for regulation in agricultural trade. We ask that human rights be given priority over the rules of commerce, that the principle of food sovereignty be recognised and the right of countries to put in place their own development policies. We seek stability in and a regulation of world agricultural markets in order for the social and environmental value of products to be recognised and to balance the powerful interests at work in the food markets.
Food sovereignty exists where the following conditions are found:
1) Priority is given to the local production of foodstuffs for feeding the local population.
2) The village farmers have free access to the land, to water, to seed and to credit facilities
3) The right of the small-scale farmers to grow food is respected.
4) Consumers have the right to decide what food they want to eat and to chose who should produce it and how.
5) States have the right to take measures against the import of foreign agricultural and food products that undermine the prices of the local market.
6) States - or unions of states - pledge to ensure stability and durability in small-scale farming, and are able to manage their internal food markets.
7) The farmers are able to participate in the choice of agricultural policy.
8) The rights of women farmers, important actors in agricultural production, are upheld.It is in this context that we intend to conduct our campaigns for the year ahead. We are pleading for the recognition of the principles of food sovereignty including all the elements that are mentioned above.
We also demand that the rejection of the Economic Partnership Agreements (EPA) which the European Union would like to compel the countries in Africa, the Caribbean and the Pacific (ACP) to sign.
A) What are the Agreements all about?
" In 1975 a first agreement was signed at Lome between 46 countries of Africa, the Caribbean and the Pacific, and nine countries of the European Community. This agreement comprised:
- a section on aid (the European Development Fund)
- a section on trade based on the principle of non-reciprocal preferential trade, that is to say the products of those countries were to be given preferential access to European markets.
- a special protocol for four specified products.
" The balance sheet of this agreement is ambivalent, since the share of those countries on the markets of Europe went down from 7% to 3 %
" This Economic Partnership Agreement (EPA) was deemed incompatible with the regulations of the World Trade Organization, and therefore the legitimacy of this Preferential Treatment was called to question in the Cotonou Agreement of June 2000, which was signed by the countries of Africa, the Caribbean and the Pacific. According to the Cotonou Agreement, preferential trade was to come to an end on December 31st 2007, and was to be replaced, from January 1st 2008, by the non-binding Economic Partnership Agreements (EPA).
" These Economic Partnership Agreements were concluded between the European Union and each of the six regions grouping the countries in Africa, the Caribbean and the Pacific. Those Agreements comprise three sections: (a) regional integration of the six regions in Africa, the Caribbean and the Pacific; (b) a zone of free trade that precluded total reciprocity (the European Union was to give totally free access to their markets to products of the ACP countries, while the ACP countries could impose some restrictions; (c) Development aid.
" The countries of Africa, the Caribbean and the Pacific which refuse to accept the Economic Partnership Agreements would be treated according to the general commercial rules of the European Union towards developing countries: (a) for the poorest countries, free access to the markets of the Union, as long as they abide by the "free trade in anything except armaments" initiative; (b) for the others, the general system of preferential trade, which is not as favorable as those presently granted to the ACP countries. The development aid could be subject to more conditions.B) Why are we against these Agreements?
" Contrary to the preceding agreements between the European Union and the ACP countries, the Economic Partnership Agreements will not be concluded between the European Union and all the countries of Africa, the Caribbean and the Pacific taken as a unit, but between the Union and each of the six zones to which those countries have been allocated:
(1) the Caribbean Zone;
(2) the Pacific Zone;
(3) the West African Zone grouping 16 countries of ECOWAS (the Economic Community of West Africa) and Mauritania;
(4) the Central African Zone grouping 7 countries of CEMAC (the Central African States Economic Community) and Sao Tome and Principe;
(5) the East and Southern African Zone (ESA) grouping 15 countries. The Republic of South Africa is present in the ESA group only as an observer.
(6) the Southern African Development Community (SADC), grouping 7 countries.
" Some countries in Africa are questioning this division into zones because they have been arbitrarily attached to one particular zone by the European Union, although they do not feel they have much affinity with the countries therein. This is the case with Tanzania, the Democratic Republic of the Congo, and Zimbabwe.
" In the Cairo Declaration of finance ministers of the African Union who meet from 5th to 9th June 2005, it is made clear that each of the ACP countries, as well as each region to which they belong, ought to have the right to take their own decisions as to when to open up their markets and according to what rhythm and how to regulate their own markets, according to the level of development of each country or zone, and according to the strategy adopted by each in the struggle against poverty.
" The regional integration of the countries in the zones as allocated, for example ECOWAS, is still fragile. In some zones, the countries have not managed yet to have a common currency. The free circulation of people and goods within these zones is still far off.C) What we are pleading for:
" No Economic Partnership Agreements without food sovereignty!
" No Economic Partnership Agreements without an effective policy of regional integration that is profitable to all, including the countries that happen to be landlocked or enclaves!
" No Economic Partnership Agreements without a genuine programme of industrialization, including provisions for the processing of agricultural products!CONCLUSION:
I am fully aware that my article is somewhat long-winded, and rather complicated, when what I wanted was to simplify. All the problems I touched upon are extremely complex. On the other hand, I am of the opinion that we have to broaden our views and enlarge the scope of our reflections and try to link together all the elements invoked in this article. We may feel concerned by the drama of the migrants and feel the need of taking action. We may be very sensitive to the problem of poverty in developing countries and take part in development projects. We may be quite indignant about the injustice of the world economic system and feel ready to denounce it and join battle for the establishment of justice. As far as I concerned, I am convinced that we have to fight all those evils, in season and out of season, ever ready to stand against the general public opinion. Legislating for the control of the influx of immigrants, albeit in some way for the good, but without acting against the causes of the migration, seems hypocritical to me. To promise aid and to even to work for development is in vain and gives false hope, the world structures of poverty and exclusion are not taken into account.
It is necessary to act on these two levels: but, in my opinion, the first priority is to work for the elimination of the ideology of economic liberalism and the policy that economic rights should have priority over other rights. This involves pleading for a profound reform of all the various organizations of the United Nations and the World Trade Organization in particular.It is high time to put humanity and human rights at the very center and heart of globalization. The year 2007 will be a year of elections in France. The Development Research and Information Center (CIRD) and the Coordination Movement for Solidarity and Urgency in Development (Coordination SUD) have already prepared reflection files with concrete propositions to be given to the candidates and political parties. Let us take the time to study these international questions and to bring them to the attention of our future leaders.
Guy Vuillemin,
Missionary of Africa,
Chairman of the French section of the "Africa - Europe Faith and Justice Network"Note: 1. ABC Burkina Nr 186.
I made extensive use in this article of the document in "Coordination SUD" entitled Libéralisation du commerce agricole : une solution contre la pauvreté ?For further Information: See:
(1) The document "Agriculture : pour une régulation du commerce mondial (Mettre le développement au cur des négociations de l'Accord sur l'Agriculture à l'OMC). Prepared by "Coordination SUD" (Solidarity Urgency Development) 14, passage Dubail, 75010 Paris.
(2) "Libéralisation du commerce agricole : une solution contre la pauvreté ?" - the document referred to above, from Coordination SUD.
(3) The document Ensemble, Réinventer le développement in Altermondes, June - August 2006 No 6., prepared by the Centre de Recherche et d'Information pour le Développement (CRID) and the Centre National de Coopération au Développement (CNCD) in Belgium. Altermondes is a quarterly review promoting international solidarity, edited at 14, passage Dubail , 75010 Paris.
(4) For more information on migrants see the articles of Lucien Heitz published in the magazine Pentecôte sur le monde (Pentecost over the World), Nr 828 of July-August 2006
The French text of this article was written by Fr Vuillemin, M.AFR., President AEFJN, France,
The English translation is by Fr Maurice C. J. Gruffat, W.F.and Fr Peter Welsh, W.F.
Completed on September 13th 2006