Voix d'Afrique N°101.

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Le service en Fraternité
ou Compostelle autrement


Messe avant le départ

Un soir, pendant une de nos réunions de la Fraternité Notre Dame d’Afrique, nous rappelions tout ce que la proximité des Pères Blancs et Sœurs Blanches nous avaient apporté depuis plus de 20 ans. Cécile Dilé nous demande alors « Que diriez-vous de permettre à des jeunes de vivre ce que vous avez vécu avec nous ? » et elle nous parle du projet qu’elle tente de mettre sur pied avec Maïté et Anafrida : une route missionnaire internationale pour les jeunes sur les chemins de St Jacques de Compostelle, et de leur besoin d‘une assistance logistique. « C’est là que j’ai besoin de vous … Mais sentez-vous tout à fait libres ».

Rapidement, l’appel trouve écho en nous. Malgré l’inconnu, nous faisons à nouveau confiance aux Sœurs Blanches et à l’ami-tié qui nous lie toutes les deux depuis longtemps. L’aventure est possible !

Après PamplonaDéjà, pendant la préparation, mais plus encore pendant la s-maine, la complicité des 3 sœurs était évidente. Leur complémentarité, servira de ciment pour la réussite de cette route : l’enthousiasme de Maïté, la sérénité d’Anafrida et l’organisation de Cécile.

N’oublions pas Pascal Durand, le Père Blanc qui a vécu cette route avec nous. Sa disponibilité et son adaptabilité ont permis des temps de prière très intenses aussi divers que variés, à l’image du groupe.

La rencontre et les échanges avec les différents membres du groupe, jeunes et accompagnants, ont été très divers et enrichissants. Ils ont été parfois un peu difficiles à cause de la langue malgré les traductions assurées “ nuit et jour “ par Magda et Anafrida; mais toujours remplis d’attention et de compréhension, les gestes, sourires et regards prenant le relais de la parole.

Nous avons vécu aussi de belles rencontres à l’occasion de notre “ service quotidien “ : dans les auberges, les commerces, sur les routes… Là aussi, malgré la barrière de la langue et la brièveté de l’échange, l’essentiel était là : l’accueil et le désir partagé de la rencontre.

Nous n’oublions pas les différents temps de prière et célébrations eucharistiques. Parfois, nous étions accueillis dans les paroisses, d’autres fois nous les avons simplement vécus en groupe dans les jardins des auberges.

AnafridaLe “ témoin de prière “ de la FNDA -petite statuette tanzanienne de la Vierge- nous a accompagnés durant toute cette route, dans la voiture ou sur l’autel improvisé. Nous étions en union de prière avec notre Fraternité.
Grâce à Maïté, le dernier jour, nous avons eu la joie de marcher avec le groupe et de vivre cette atmosphère si particulière des chemins de Saint Jacques.

Les moments de fraternité n’ont pas manqué, mais l’arrivée dans la communauté des Sœurs Blanches à Logroño est un mo-ment à part. Accueil, simplicité, indulgence, joie, tous les ingrédients étaient là : nous étions à la maison !
La présence de Pilar (provinciale d’Espagne) pour accueillir le groupe est un geste fort qui nous a beaucoup touchées.
La fraternité n’est pas un mot vide de sens ou fourre-tout…

Durant cette semaine nous avons mis en pratique ce que nous vivons (ou essayons de vivre) depuis tant d’années au côté des Pères Blancs et des Sœurs Blanches : la mission. Cela s’est passé en Espagne et non en Afrique, mais c’était bien ça. Témoi-gner auprès de jeunes européens de tout ce que nous ont apporté ces années en Fraternité (et dans le groupe Agadès avant) dans l’Esprit du Cardinal Lavigerie.

Anafrida
Est-ce la rencontre de Don Quichotte et Sancho Panza ?

Nicole : « J’ai eu un moment de grande joie et d’émotion à parler avec Teresa d’un voyage en Algérie vieux de 25 ans. Cette semaine est une bouffée d’air frais dans ma foi : voir ces quelques jeunes s’investir et s’épanouir au fil de la route. Cette expérience intense me pousse à aller plus loin dans “ vivre la mission au quotidien “ là où je vis. »

Cécile : « Je crois que ce que je retiens surtout c’est ce grand bonheur que j’ai eu à être au service du groupe. J’ai eu l’impression que j’étais exactement là où je devais être, à la fois pour le groupe mais aussi pour moi. Si j’avais accepté la proposition, c’était parce que je sentais un appel et aussi que je pressentais que cela me plairait, mais en même temps je n’en attendais rien de particulier. Comme je l’ai dit lors d’un partage : je me suis “ éclatée “ dans ce service ! »
Un grand merci à Anafrida, Cécile, Maïté, Pascal, Cécile, Nicole, Augustin, Solène, Virgine, Magda, Monica, Monica et Rafao pour cette semaine inoubliable !

Nicole Roland et Cécile de Firmas.



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