Voix d'Afrique N°84.

Témoignage

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SAINTE ANNE DE JÉRUSALEM
Vue aérienne générale sur Sainte Anne. A droite de la basilique, la maison des Pères Blancs, où ont lieu les retraites de 30 jours  et les sessions de formations bibliques.

Pères Blancs à Jérusalem

Nous sommes une communauté de 21 Missionnaires d’Afrique, dont le plus jeune a 27 ans et le plus âgé 78. Nous venons de 4 continents : Europe (12), Afrique (8), Asie (1) et Amérique (1) ; soit de 14 nations différentes.

Ste Anne se trouve dans la vieille ville, dans le quar-tier musulman. En plus de la grande cour, il y a plusieurs bâtiments : le bâtiment principal habité par la communauté locale, le second bâtiment habité par les missionnaires participant à la session ; ce même bâtiment abrite aussi le musée ; et puis il y a la basilique avec les fouilles de Bethesda.
Voilà notre cadre de vie !
P
Joe Buholzer

 

LES ORIGINES DE SAINTE-ANNE
Ste Anne est près du mont du Temple qui fut détruit par les Romains en 70. Là se trouvent maintenant le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa. Parce que les pluies sont rares dans cette région, dans l’antiquité, on collectait et conservait l’eau dans des citernes et des piscines. Il y a encore, chez nous, plusieurs citernes souterraines. Tout un système de piscines alimentait le temple dans ses besoins en eau pour les sacrifices. Une de ces piscines servait de bain, fréquenté par les infirmes, car elle avait une réputation curative. Jean 5,1ss nous raconte comment Jésus y guérit un homme paralysé depuis 38 ans... À côté, on trouvait aussi un lieu de culte à un dieu guérisseur. Au 5ème siècle, une église byzantine y est édifiée, commémorant à la fois la guérison du paralytique et la naissance de Marie ; plus tard, elle sera détruite par les Perses.

En 1140, les croisés y construisent la basilique actuelle dédiée à Sainte-Anne pour rappeler la naissance de Marie et un petit moutier sur l’emplacement de la basilique byzantine en souvenir de la guérison. Avec la défaite des croisés, les musulmans prennent possession de ce terrain et transforment, en 1192, cette église en une école de droit islamique ; ils préservent ainsi le bâtiment.

En 1856, après la guerre de Crimée, les Ottomans donnent la basilique à la France qui la confie, en 1877, aux Pères Blancs. Les premiers Pères y arrivent en 1878. C’est d’abord, en 1882, une école apostolique, puis, en 1886, un grand séminaire où ils forment les futurs prêtres de l’Église grecque melkite catholique. Avec les événements de 1967, ce séminaire est transféré au Liban.

Cette ouverture aux Églises orientales est tout-à-fait dans la ligne de notre fondateur le Cardinal Lavigerie, car il demande à tous ses missionnaires de respecter la culture et la langue locale et de ne pas transformer les gens en ‘petits Européens’. C’est grâce à cette ouverture et à ce respect que nous entretenons, aujourd’hui encore, d’excellentes relations avec les Églises orthodoxes et les Églises orientales catholiques.

SAINTE-ANNE AUJOURD’HUI
Malgré le départ du Séminaire melkite en 1967, l‘ouverture œcuménique continue et d’autres activités s’y développent :
- Grâce à son insertion et à son histoire, Ste-Anne est connue pour son ouverture au monde orthodoxe et au dialogue. Frans Bouwen et Thomas Maier sont engagés activement dans le dialogue … Bill Russell participe au dialogue avec les Églises issues de la Réforme.

Nous n’oublions pas le contact avec le milieu musulman dans lequel nous vivons : Thomas Maier et deux étudiants s’y inves-tissent, soit dans le voisinage, soit encore chez les Bédouins, en dehors de la ville.

Michael O’Sullivan est directeur de la Maison d’Abraham (Secours Catholique) ; elle est située à la périphérie de Jérusalem. Fondée à la demande du Pape Paul VI, elle accueille, de préférence, des pèlerins pauvres ; elle veut aussi être un lieu de rencontre entre les trois religions qui se réclament d’un même père de la foi, Abraham.

- La deuxième activité fait presque doubler pendant six mois par année la ‘population’ de Ste-Anne. Ce sont les sessions de renouveau. Depuis 1976 les Missionnaires d’Afrique (PÈRES BLANCS) organisent des sessions bibliques, spirituelles et missionnaires, et des retraites. Chaque session dure trois mois, et environ 25 missionnaires participent à chaque session.

fouilles de la piscine Bethesda- La troisième activité importante est l’accueil des pèlerins à la basilique, car ils sont nombreux à venir à notre sanctuaire. Certains jours, il peut y avoir plus de 3 000 visiteurs. Une visite à Ste Anne et à la piscine Bethesda fait ‘obligatoirement’ partie d’un programme de pèlerinage à Jérusalem. Il y a les fouilles où on peut voir des restes de piscines et les ruines du moutier.

Intérieur de la BasikiqueMais le bâtiment le plus remarquable est la basilique qui date du 12ème siècle. Elle est aimée pour sa grande sobriété et sa bonne acoustique. Parfois des chorales y offrent des concerts ; alors on peut apprécier son étonnante résonnance. … La crypte attire des gens pour se recueillir en silence. Comme au mur des lamentations, ils mettent parfois des intentions, écrites sur un bout de papier, dans une des fentes du rocher de la crypte, ou dans un panier. Trois confrères sont actuellement engagés pour l’accueil des pèlerins et sont disponibles pour les gens qui cherchent un contact avec les Pères Blancs.

Notre lieu est vraiment ouvert : il y a ici des pèlerins orthodoxes, catholiques, protestants, évangéliques et autres ; ils viennent de tous les horizons : Russie, Japon, Inde, France, Nigeria, États-Unis d’Amérique, Chine, Brésil, etc. Cette ambiance multi-ecclésiale et multiculturelle nous fait souvent penser à l’ambiance de la toute première Pentecôte : “

Un petit groupe de formation
Le dernier arrivé à Ste-Anne est le Petit Groupe de Formation (PGF), depuis septembre 2006. Quoiqu’ habitant au 2ème étage, le groupe s’intègre à la communauté. Il s’agit de huit étudiants : 2 Nigérians, 2 Zambiens, 2 Burkinabè, 1 Burundais et 1 Indien. Le responsable du PGF est le P. Joe Buholzer, assisté de deux Pères de la maison. Les étudiants font quatre ans d’études de théologie à l’Institut Salésien de Ratisbonne.

Toute l’équipe des étudiants en théologie

- “ Nous vivons dans une très grande communauté, avec des personnalités et des tempéraments tellement différents, venant de cultures si variées. Malgré tout ce qui devrait nous séparer, nous avons une vision commune enracinée dans notre foi et notre vocation missionnaire commune.

- Vivre et étudier à Jérusalem présente aussi beaucoup de défis et de chances : une meilleure connaissance du milieu et de la géographie biblique où Jésus de Nazareth a vécu et où l’Église a pris son origine avant d’arriver en Europe et dans les autres continents ; conscience que l’Église est plus grande que l’Église latine (œcuménisme) ; rencontre interreligieuse avec le Judaïsme et l’Islam dans cette cité sainte…

- Nous vivons ce que la première communauté de Jérusalem a vécu : vivre ensemble dans un esprit fraternel, fidèles à la Parole et à la fraction du pain et partageant entre nous ce que nous avons et ce que nous sommes… “

Joe Buholzer,
M. Afr.

Sur ce sujet voir aussi
Servir l’Église à Jérusalem…de Frans Bouwen M.Afr.
Petit Groupe de Formation à Jérusalem et aussi
Autres Photos du Petit Groupe de Formation
Ordinations diaconales Juin 2009



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